Se soigner en Italie sans titre de séjour : code STP, soins garantis et confidentialité

Informations vérifiées au 29 septembre 2026.

Ne pas avoir de titre de séjour ne signifie pas être privé de toute assistance médicale en Italie. L’article 35 du décret législatif n° 286/1998 garantit aux personnes étrangères qui ne sont pas en règle avec les règles d’entrée ou de séjour les soins urgents ou essentiels, même lorsqu’ils doivent se poursuivre dans le temps. Dans la pratique, l’accès est généralement enregistré au moyen du code STP — « Straniero Temporaneamente Presente ».

Le code STP n’est ni un permis de séjour ni une régularisation administrative. Il sert à identifier les prescriptions et les prestations sanitaires, à assurer la continuité des soins et à protéger la confidentialité de la personne.

Quels soins sont garantis ?

La loi couvre les soins ambulatoires et hospitaliers urgents ou, en tout état de cause, essentiels pour maladie ou accident. Un soin est urgent lorsqu’il ne peut pas être reporté sans danger pour la vie ou sans dommage pour la santé. Un soin essentiel peut ne pas présenter une urgence immédiate, mais son absence pourrait provoquer des complications, une aggravation ou une chronicisation. La garantie comprend donc, si cela est médicalement nécessaire, la continuité du parcours thérapeutique et de réadaptation : elle ne se limite pas aux seules urgences vitales.

Sont notamment protégés :

  • la grossesse et la maternité, dans les mêmes conditions que pour les citoyennes italiennes ;
  • la santé des mineurs ;
  • les vaccinations prévues par la réglementation et les campagnes régionales ;
  • la prévention internationale ;
  • la prévention, le diagnostic et le traitement des maladies infectieuses.

Pour une urgence grave, il faut appeler le 112 ou se rendre aux urgences. Pour les autres besoins, il est utile de contacter l’ASL compétente, un hôpital public ou agréé, un consultorio familiare ou, lorsqu’il existe, un guichet STP.

Comment obtenir le code STP

Le code est normalement attribué lors de la première demande de soins ou sur demande explicite auprès d’une structure sanitaire habilitée. Il s’agit d’un code régional utilisé pour les prescriptions et l’enregistrement des prestations. Selon les indications institutionnelles, il est valable six mois et peut être renouvelé si la personne demeure en Italie.

Les modalités pratiques peuvent varier d’une région ou d’une ASL à l’autre. Il est donc prudent de demander où se trouve le guichet STP, quels horaires il applique et quels éléments d’identification il demande. L’absence de titre de séjour ne peut toutefois pas justifier le refus des soins garantis par l’article 35. Le bénéficiaire ne reste pas nécessairement anonyme dans la relation de soins : ses données servent notamment à la sécurité clinique et à la continuité du traitement. Le financement public, en revanche, utilise le code STP afin de préserver sa confidentialité.

Ticket, indigence et gratuité

Le droit aux soins ne signifie pas que chaque prestation est toujours gratuite. En principe, la personne participe aux frais selon les règles applicables. Lorsqu’elle ne dispose pas de ressources suffisantes, elle peut signer une déclaration d’indigence. Les informations officielles précisent que cette déclaration a une validité de six mois et peut permettre l’exonération du ticket dans les cas prévus, notamment pour les urgences, la grossesse, certaines prestations de premier niveau, les pathologies exonérées, l’âge ou de graves situations d’invalidité.

Avant de payer ou de renoncer aux soins, il convient donc de demander au guichet si la prestation est couverte, si un ticket est dû et si une exonération est applicable. Il est utile de conserver le code STP, les prescriptions, les comptes rendus, les reçus et toute déclaration remise à la structure.

La structure sanitaire peut-elle signaler la personne à la police ?

La règle générale est claire : l’accès d’une personne sans titre de séjour à une structure sanitaire ne doit pas entraîner de signalement à l’autorité. L’exception concerne les situations dans lesquelles le professionnel est légalement tenu d’établir un signalement ou un rapport, dans les mêmes conditions que pour un citoyen italien. Aller à l’hôpital ou demander le code STP ne constitue donc pas, en soi, un motif de dénonciation de l’irrégularité du séjour.

Cette protection est essentielle : la peur d’un contrôle ne doit pas conduire à retarder une consultation, surtout en cas de grossesse, de maladie infectieuse, de douleur importante ou de risque d’aggravation.

Et pour les enfants ?

La loi réserve une protection particulière à la santé des mineurs. Dans certaines régions, les règles d’inscription au Service sanitaire national et d’attribution d’un pédiatre vont au-delà du simple code STP. Les parents doivent donc demander à l’ASL non seulement l’accès immédiat aux soins, mais aussi si l’enfant peut être inscrit au SSN et choisir un pédiatre. La situation administrative des parents ne doit jamais devenir une raison pour différer des soins nécessaires à l’enfant.

Que faire en cas de refus ou d’obstacle ?

  1. Demander calmement quel service délivre le code STP et rappeler qu’il s’agit de soins urgents ou essentiels au sens de l’article 35 du décret législatif n° 286/1998.
  2. Demander le nom du service, la date et une motivation écrite du refus, lorsqu’elle peut être délivrée.
  3. S’adresser à l’URP de l’ASL ou de l’hôpital, à la direction sanitaire ou au service régional compétent.
  4. En cas de risque immédiat pour la santé, se rendre aux urgences ou appeler le 112.
  5. Conserver tous les documents et demander rapidement l’assistance d’un avocat, d’un service social ou d’une association spécialisée si le refus persiste.

Il ne faut pas confondre le code STP avec le permis de séjour pour soins médicaux ni avec l’inscription ordinaire au SSN. Si une personne possède un titre, un récépissé de renouvellement, une demande d’asile ou un autre statut permettant l’inscription au SSN, il faut vérifier cette voie, souvent plus complète, avant de se limiter au STP.

Sources officielles


Avv. Fabio Loscerbo
Avocat habilité à plaider devant la Cour de cassation italienne
Inscrit au Registre des représentants d’intérêts de la Chambre des députés italienne en matière d’Immigration
Lobbyiste inscrit au Registre de transparence de l’Union européenne n. 280782895721-36 en matière de Migration et d’Asile
ORCID: 0009-0004-7030-0428
Article rédigé avec l’aide d’outils d’intelligence artificielle, sous la direction, la révision et la responsabilité éditoriale de l’auteur.

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